Les vins bio
séduisent de plus en plus de gens qui souhaitent consommer
des produits à la fois plus respectueux de l'environnement,
de la santé et qui soient de qualité. La
viticulture n'est en effet pas sans conséquences,
car si elle occupe 5% du territoire français, ce sont 20%
des pesticides qui lui sont consacrés. En 2007, les
exploitations viticoles certifiées bio étaient
près de 2000, ce qui représente 2,6% environ du
vignoble français. Mais en réalité on
ne peut pas vraiment parler de vin labellisé bio, il s'agit
plutôt de "vin issu de raisins de l'agriculture
biologique". Le label "Agriculture Biologique" ne
s'applique qu'aux méthodes de production du raisin
(jusqu'aux vendanges) mais ne prend pas en compte la façon
dont se fait la vinification. Il est donc tout à
fait possible d'ajouter des conservateurs, levures, colorants... durant
la vinification même si le raisin utilisé est
labellisé AB. Dans les faits, cela ne pose pas vraiment
problème puisque les viticulteurs engagés dans un
processus de certification bio prônent des
méthodes de vinification les plus naturelles possibles. Dans
tous les cas, le label AB garantit
l'absence de pesticides, insecticides, fongicides ou engrais chimiques
dans le vin certifié, ainsi que le recyclage des
matières organiques et une lutte biologique.
C'est d'ailleurs pour pallier
aux manques du label AB qu'a été
créée en 1998 la FNIVAB
(Fédération Nationale Interprofessionnelle des
Vins de l'Agriculture Biologique) qui a élaboré
une charte de vinification pour les
viticulteurs bio. Les adhérents à cette charte
doivent se conformer à des critères pour la
fabrication du vin bio depuis la culture jusqu'à la mise en
bouteille. On peut reconnaître les vins respectant la charte FNIVAB
grâce à la mention du logo AB où le "A"
est à l'envers. D'autre part, la Commission
Européenne travaille actuellement à
l'élaboration d'une législation prenant en compte
les méthodes de vinification pour la certification du vin
bio, il s'agit du projet ORWINE.
On trouve également sur les vins d'autres certifications ou
marques privées habituelles de l'agriculture
biologique, voire biodynamique,
comme Nature & Progrès
ou Demeter. Autre initiative à
signaler dans ce domaine : l'association SIVCBD(Syndicat International des Vignerons en Culture
Biodynamique) qui a élaboré un cahier des charges
pour la culture du vin en bio-dynamie. Le respect de celui-ci est
vérifié par l'organisme Ecocert et permet
d'afficher le logo Biodyvin sur les
bouteilles certifiées.
Enfin on parle
généralement de vins naturels
pour les vins produits avec le moins d'intervention possible du
vigneron, c'est-à-dire bien souvent sans l'ajout de levures
ni l'utilisation de soufre (sulfites).
L'Alliance pour
la Planète, regroupement d'associations
écologiques, de consommateurs, de syndicats,
d'agriculteurs... vient de lancer un Observatoire
Indépendant de la Publicité
(l'OIP). Cet observatoire a
été mis en place afin de veiller à ce
que les publicités n'emploient pas abusivement des arguments
écologiques pour faire passer leur message et tromper les
consommateurs. En effet, depuis quelques temps la pratique de "greenwashing"
ou "écoblanchiment" est de plus
en plus courante. Il s'agit d'un procédé de
communication jouant sur l'image de responsabilité
environnementale. La publicité "écoblanchie" fait
passer des messages qui insistent sur l'engagement
écologique de l'entreprise ou de la marque
concernée, voire renforce ou déforme
complètement cet engagement s'éloignant
totalement de la réalité. Ainsi avec
l'écoblanchiment, une entreprise se "verdit" alors
même que ses actions en faveur de l'environnement sont
quasiment inexistantes ou très marginales par rapport
à ses autres activités.
L'objectif de l'OIP
est donc de détecter ces publicités qui
pratiquent l'écoblanchiment et de les
différencier des publicités portant un
véritable message écologique.
Le sujet est en effet d'importance considérable, puisque les
enjeux écologiques actuels sont de taille et il y a urgence
à agir concrètement. En utilisant à
tout va des arguments écologiques pour justifier de tout et
n'importe quoi, le concept finit par ne plus être
crédible et le consommateur ne sait plus distinguer le vrai
du faux. Et c'est bien sûr l'empreinte écologique
qui s'en trouve affectée puisque cette désinformation
ralentit le développement de véritables
alternatives écologiques.
Après le Grenelle de l'Environnement, de nouvelles
dispositions pour l'ARPP
(Autorité de Régulation Professionnelle de la
Publicité), l'organe officiel chargé de
l'évaluation des publicités, avaient
été prises afin de mieux réguler la
publicité dans ce domaine. Mais l'Alliance pour la
Planète jugeant ce système encore insuffisant, en
particulier du fait que les avis rendus par l'ARPP soient
non-contraignants, a décidé de créer
l'OIP afin de donner l'alerte sur les publicités
douteuses. Toute personne peut donc soumettre
à cet observatoire une publicité de n'importe
quelle forme (presse, télévision, radio, web,
affichage...) qu'il pense être abusive. L'OIP
procède alors à une analyse de cette
publicité avec l'aide d'experts associatifs et de
professionnels de la communication qui sera rendue publique un mois
après. En parallèle de cette
évaluation, les internautes peuvent s'inscrire sur le site
de l'OIP et donner eux aussi leur avis et une note pour chacun des critères
du diagnostic (mots employés trompeurs, composition
graphique de la publicité, informations floues ou sans
preuves, surestimation de l'intérêt
écologique du produit, mise en avant de comportements
contraires à la protection de l'environnement).
Depuis le lancement
de l'OIP, plusieurs publicités ont
déjà été
proposées pour évaluation. Vous pouvez
par exemple participer en donnant votre avis
sur une publicité sur les 4x4 en ville, les orientations de
Total, les produits soi-disant "100% naturels" d'Herta ou encore la
lessive "écologique" de Le Chat. De façon
générale, les publicités ne s'appuyant
que sur des concepts larges et flous et ne présentant aucune
certification labellisée sont à prendre avec
précaution. Il est à espérer que cette
initiative très intéressante de l'Alliance de la
Planète sera suivie par de véritables mesures
d'évaluation et de sanction envers les publicités
mensongères et "écoblanchies".
75 pays
du monde viennent de signer ce 26 janvier dernier à Bonn
en Allemagne le traité fondateur de l'IRENA,
une Agence
Internationale pour les Energies Renouvelables. Cette
nouvelle
organisation, la première d'envergure internationale sur ce
sujet, a pour objectif d'aider au développement des
énergies vertes et renouvelables aussi bien
dans les pays du
Nord que du Sud. L'Allemagne, l'Espagne et le Danemark, pays
déjà bien appliqués dans ce domaine,
sont plus
particulièrement à l'origine de sa
création. Au
total ce sont déjà 75 pays qui ont
signé le
traité, dont la France, même si certains grands
pays comme
la Chine, les Etats-Unis, le Brésil... sont encore absents
pour le
moment.
Face aux
défis planétaires actuels
(réchauffement climatique, diminution des ressources
naturelles disponibles, croissance de la démographie et de
la consommation d'énergie...), il était temps
qu'une organisation internationale soit créée
afin de se pencher sur ces problématiques. Elle devra aider
les Etats à mettre en place des politiques en faveur des
énergies renouvelables et à développer
la recherche dans ce secteur. Pour le moment, il existe encore beaucoup
d'obstacles qui empêchent un développement plus
rapide de ces nouvelles technologies. L'IRENA devrait faciliter les
procédures de financement, d'exportation... qui ralentissent
le déploiement des énergies vertes et
renouvelables, indispensables pour l'avenir de la planète.
Les énergies fossiles représentent encore 80% de
la consommation mondiale en énergie alors que les ressources
vont se faire de plus en plus rares et de plus en plus
coûteuses. Il est donc urgent de mettre en place des
alternatives efficaces et durables.
L'IRENA
sera composée de 3 organes : une Assemblée
comprenant tous les Etats membres qui votera le budget et
établira le programme de travail, un Conseil avec des
représentants des Etats élus par
l'Assemblée qui se réunira deux fois par an et un
Secrétariat pour la mise en oeuvre des actions du programme.
C'est au mois de Juin prochain que les dirigeants de l'agence seront
élus et que le lieu du siège sera
décidé. Chaque année l'IRENA disposera
d'un budget de 25 millions de dollars pour le développement
des énergies renouvelables (éolien, solaire,
biomasse, géothermie...). L'initiative devrait permettre
également la création de nombreux emplois dans ce
secteur en pleine expansion. Rappelons que d'ici à 2012,
l'Europe s'est fixée l'objectif d'atteindre 20%
d'énergies renouvelables dans sa consommation
totale d'énergie.
Plus d'infos :
Site officiel de l'IRENA : www.irena.org
Brochure de présentation (en français) : brochure
Chaque annnée
depuis 2002, les Rubans du
développement
durable récompensent des collectivités
territoriales s'étant distinguées
par
leur politique en matière d'environnement et de
développement durable. Organisée par
l'association des maires de France, l'association des maires de grandes
villes de France, le Comité 21 et Dexia, cette
opération décerne aux lauréats un label
national qui pourra être affiché
à l'entrée de ces collectivités. Pour
les Rubans du développement durable 2008, le jury de
sélection était présidé par
Jean-Marie Pelt (président de
l'Institut
Européen d'Ecologie) et composé de
représentants des différents partenaires des
Rubans (Ademe, PNUE, DIACT, CNFPT...).
Le palmarès 2008
a été annoncé le 27 Novembre
à l'occasion du 91ème Congrès des
maires et présidents de communautés de France, 13
collectivités territoriales ont
été labellisées : 5 communes (Avignon,
Beynat, Bordeaux, Echirolles, Pessac), 6 structures intercommunales
(Grand Alès en Cévennes, Grand Nancy, Mulhouse
Sud Alsace, Pays de Pervenchères, Pays des Landes de
Gascogne, Syndicat d'aménagement du Trièves) et 2
conseils généraux (conseil
général du Finistère, conseil
général de la Haute-Vienne). Les
critères de sélection sont l'organisation et la
conduite de la politique territoriale de développement
durable, la vision stratégique et le plan d'actions et les
actions réalisées. Des collectivités
peuvent être labellisées pour leur politique
globale prenant en compte le développement durable, par la
mise en place d'un agenda
21 par exemple qui
regroupe un ensemble d'actions touchant à tous les domaines
d'intervention d'une collectivité. Cette année
c'est le cas de plusieurs collectivités (Bordeaux, Grand
Alès, Finistère...) qui ont choisies
d'établir un plan d'actions couvrant l'ensemble de la
politique de développement du territoire. D'autres
collectivités ont ciblé davantage leur action sur
un domaine précis, comme la Communauté de
Communes du Pays de Pervenchères qui s'est investi dans la construction
durable et HQE (Haute Qualité
Environnementale)
avec plusieurs projets dont le premier vient de s'achever (construction
d'un pôle scolaire et d'une médiathèque
respectant 14 cibles HQE).
Ce label sera désormais délivré tous
les deux ans, les prochains lauréats des Rubans du
développement durable seront donc
désignés en 2010.
Le film documentaire "Mâles
en péril", diffusé sur
Arte
le mardi 25 Novembre à 21h, relate l'enquête
menée par les réalisateurs Sylvie
Gilman et Thierry de Lestrade sur les substances
chimiques qui menaceraient notre santé, en
particulier la fertilité masculine. Ce documentaire a
reçu le Prix Europa 2008, festival qui récompense
des productions européennes de
télévision ou de radio. L'enquête de
ces journalistes débute par quelques questions : pourquoi
depuis 50 ans la production de spermatozoïdes chez l'homme a
t-elle diminué de 50% ? pourquoi le nombre de cancers du
testicule ne cesse t-il d'augmenter ? ainsi que le nombre de
malformations congénitales de l'appareil reproducteur
masculin ? pourquoi certaines espèces animales se
féminisent-elles et d'autres deviennent-elles de
plus en plus stériles ? A toutes ces questions, de plus en
plus de scientifiques évoquent l'effet néfaste de
substances chimiques, présentes dans notre quotidien, qui
agiraient comme perturbateurs endocriniens.
En
agissant sur le système hormonal des hommes ou d'animaux,
ces produits chimiques entraine une féminisation du monde et
mettent en danger la fertilité de ces
espèces. Parmi les substances
incriminées, on retrouve PCB, pesticides, phtalates,
bisphénol A, retardateurs de flamme, DDT... qui sont des
composés chimiques présents partout autour de
nous : cosmétiques, matières plastiques,
emballages alimentaires, jouets...
Durant cette
enquête, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade
ont rencontré de nombreux scientifiques et
représentants de l'industrie chimique que l'on pourra
retrouver dans le documentaire. Le focus est mis plus
particulièrement sur quelques substances faisant beaucoup
parler d'elles depuis un certain temps : phtalates,
bisphénol A et distilbène. Le bisphénol
A, nous avions déjà
abordé le sujet, est un
oestrogène synthétique utilisé dans la
fabrication de plastiques transparents (bouteilles d'eau, biberons...)
et de résines époxy (boîtes de
conserve). De nombreuses études ont montré les
dangers de ce composé chimique sur la santé
humaine, et notamment sur les
nouveaux-nés.
Les phtalates
sont également utilisés dans la fabrication de
matières plastiques (tel que le PVC), ce sont des additifs
chimiques servant à donner de la flexibilité aux
matériaux; ils sont aussi employés comme agents
fixateurs dans les produits cosmétiques. On trouve
des
phtalates dans d'innombrables produits : isolants pour
câbles, produits pour l'automobile, matériaux
médicaux, emballages alimentaires, revêments de
planchers et murs, jouets, cosmétiques... Enfin le distilbène,
aussi un oestrogène synthétique, était
un médicament prévenant les fausses couches
fortement pescrit des années 1950 à 1980
à l'origine de nombreuses malformations génitales
chez les enfants dont les mères en ont consommé.
Les nouveaux-nés et enfants sont d'ailleurs
exposés à de multiples autres substances, comme
le TBT (tributylétain), le polyacrylate de sodium ou encore
le benzol, autant de composés chimiques que l'on retrouve
par exemple dans les gels absorbants des couches jetables... La
solution : utiliser des couches lavables
en matières naturelles !
La réglementation
européenne REACH
sur les substances chimiques, signée en 2006, devrait
permettre de limiter à l'avenir l'utilisation de produits
chimiques toxiques pour la santé humaine ou l'environnement.
Sur plusieurs échéances jusqu'à 2018,
les industriels devront déclarer toutes les substances
chimiques dangereuses employées parmi une liste de 30000
composés répertoriés par REACH. Cette
réglementation est déjà une
très grande avancée dans le domaine, mais devra
être améliorée et renforcée
selon les associations écologiques pour être
véritablement efficace. Le reportage de Sylvie Gilman et
Thierry de Lestrade est l'occasion d'en apprendre un peu plus sur tous
ces scandales de l'industrie chimique. La diffusion du
documentaire
sera suivie d'un débat avec
Nathalie
Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à
l'Ecologie, le professeur Andreas
Kortenkamp (responsable du service de
toxicologie de l'université de Londres) et
François Veillerette, président du Mouvement pour
le droit et le respect des générations futures.
Et pour un avant-goût, plusieurs extraits vidéos
de "Mâles en péril" peuvent être
visionnés sur le site d'Arte.
Pour info :
Film documentaire "Mâles
en péril" de Sylvie Gilman et
Thierry de
Lestrade diffusé mardi
25 Novembre à
21h sur Arte (en
savoir plus).
A l'occasion de la
1ère Semaine des énergies renouvelables, du
bâtiment et de la maîtrise de l'énergie
organisée par l'Ademe, Jean-Louis Borloo, ministre de
l'Ecologie, vient d'annoncer le plan national de
développement des énergies renouvelables.
50 mesures ont été
présentées afin de répondre d'ici 2020
aux objectifs fixés lors du Grenelle de l'environnement en
octobre 2007 et à ceux de l'Union Européenne.
L'objectif général étant de porter
à au moins 23% la part des énergies
renouvelables par rapport à la consommation
totale d'énergie en France en 2020. Les mesures
annoncées visent à faciliter et à
inciter au développement de tous les types
d'énergies renouvelables (éolien, solaire
photovoltaïque et thermique, géothermie, biomasse,
énergie de la mer, hydraulique...). Le plan devrait
permettre à terme de multiplier par 6 la
géothermie, par 10 le parc éolien et par
400 le solaire photovoltaïque. Si l'accent est
fortement mis sur le solaire photovoltaïque, l'installation
d'unités de production d'énergie renouvelable
devra se faire suivant les spécificités de chaque
région et devra prendre en compte la
complémentarité de différentes sources
d'énergie renouvelable.
A partir de Janvier
2009, un "fonds chaleur renouvelable" d'un
milliard
d'euros sera mis en place afin de développer sur la
période de 2009 à 2011 le chauffage
écologique (géothermie, biomasse,
pompes à chaleur, solaire thermique...) dans l'industrie, le
tertiaire et l'habitat collectif. Pour 2020, l'objectif serait
d'équiper 2 millions de foyers de pompes
à chaleur, système de chauffage
basé sur la récupération de la chaleur
stockée dans les sols ou les nappes d'eau
souterraines (PAC géothermiques) ou encore la chaleur de
l'air ambiant (PAC aérothermiques). Par ailleurs, le crédit
d'impôt "développement durable" est
prolongé jusqu'à 2012 et permettra de faciliter
l'accès aux particuliers aux équipements
d'énergies renouvelables tels que panneaux solaires
photovoltaïques, chauffe-eaux solaires, pompes à
chaleur, poêles à bois avec rendement
supérieur à 70% et taux de CO2
inférieur à 0,6%... A cela vont s'ajouter
d'autres dispositifs
incitatifs comme des tarifs fixes et des primes au
rachat de
l'électricité d'origine renouvelable par EDF, un
éco-prêt à taux zéro, des
possibilités d'exonération de taxe
foncière...
Si le plan présenté ne paraît pas
suffisamment ambitieux pour tout le monde, il est
déjà un bon départ.
Espérons maintenant que toutes ces mesures
annoncées se concrétiseront
bientôt (et enfin !) par un véritable
développement des énergies
renouvelables
en France pour un habitat plus
écologique.
Cette semaine ce
n'est pas seulement la semaine de la
solidarité internationale, c'est aussi la 1ère semaine des
énergies renouvelables, du bâtiment et de la
maîtrise de l'énergie
organisée par l'ADEME. L'Agence
de
l'Environnement et de la maîtrise de l'Energie (Ademe),
dépendant des ministères de l'Ecologie, de
l'Energie, du Développement Durable et de
l'Aménagement du territoire et de l'Enseignement
supérieur et de la Recheche, a pour mission d'observer et
d'informer en matière d'énergie et
d'environnement. Suite aux conclusions du Grenelle de l'environnement,
elle met en place cette première édition de "Energie
: changeons d'ère !", la semaine des
énergies renouvelables, du bâtiment et de la
maîtrise de l'énergie qui a lieu du 17
au 22 Novembre à Paris La Défense.
En Mars 2007, les
chefs d'Etat de l'Union Européenne
s'étaient mis d'accord sur trois grands objectifs pour 2020
: diminuer de 20% des émissions de gaz
à effet de serre (par rapport à
1990),
porter à 20% la part des énergies
renouvelables dans la consommation d'énergie
totale de l'UE et améliorer l'efficacité
énergétique afin
d'économiser 20% de l'énergie produite. A l'heure
actuelle, certains points de ce paquet "énergie-climat" sont
toujours en discussion entre les différents états
membres, notamment sur la question des énergies
renouvelables. Une directive européenne
définitive pourrait être signée d'ici
la fin de l'année. C'est dans ce contexte que s'inscrit la
semaine des énergies renouvelables, du bâtiment et
de la maîtrise de l'énergie de l'Ademe.
L'évènement
doit réunir des
professionnels et collectivités autour de colloques et
conférences sur ces problématiques (programme complet
sur le site de l'Ademe). Une journée grand public est
prévue le samedi 22 Novembre sur le thème de "La maison économe"
avec des tables rondes, projections de films et
démonstrations pratiques. En parallèle, le CLER
(Comité de Liaison Energies Renouvelables) organise des
porte-ouvertes les 22 et 23 Novembre partout en France sur des sites
équipés en énergies renouvelables (programme
sur
le site du CLER).
D'ailleurs
où en est-on en France et en Europe à
propos des énergies renouvelables
?
Selon le baromètre EurObserv'ER (observatoire des
énergies renouvelables), le dernier bilan de 2006 indiquait
6,9% d'énergies renouvelables dans la
consommation
totale d'énergie au niveau de l'Union Européenne (6,33%
en France, mais seulement 0,9% si l'on ne
compte
pas l'énergie hydraulique). Les objectifs de 2020 sont donc
encore bien loin... Géothermie, énergie solaire,
éolien, biomasse... c'est par la combinaison de toutes ces
énergies, une meilleure efficacité
énergétique et une diminution de notre
consommation qu'il sera possible de faire face à
l'épuisement des ressources et aux changements
climatiques.
Chaque
année, en Europe, 100 000 enfants meurent
de maladies
causées par l'environnement. 70% des cancers
sont
liés à l'environnement dont
30% à la pollution et 40% à
l'alimentation. Chaque année en France, on
constate une augmentation de 1,1%
des cancers chez les enfants. En France, l'incidence du
cancer a augmenté de 93% en 25 ans
chez l'homme.
C'est la première fois que le cinéma
français s'intéresse à un sujet sur
l'environnement. Ici il s'agit plus particulièrement de
l'alimentation de nos enfants : la cause apparaît urgente. Jean-Paul
Jaud nous livre ici une tragédie
environnementale
avec ce film sorti hier en salle, "Nos enfants nous
accuseront" : l'empoisonnement de nos campagnes
par la
chimie agricole et les dégâts
occasionnés sur la santé publique, notamment
celle des enfants.
Ce film raconte la courageuse initiative d'une municipalité
du Gard, Barjac, qui décide de faire passer la cantine
scolaire au bio, en finançant le surcoût sur le
budget de la commune. Conscient du danger sanitaire qui menace une
jeune génération exposée aux 76000
tonnes de pesticides déversés chaque
année en France, un maire décide
de
donner l'exemple d'une portée politique forte : alerter
l'opinion et les pouvoirs publics sur les dérives
scandaleuses d'un système économique dont la
logique va totalement à l'encontre de la santé de
la population...
Les différents intervenants du film (enfants, parents,
enseignants, soignants, journalistes, paysans, élus,
scientifiques, chercheurs,...) livrent leurs sensations, leurs
analyses, leurs angoisses, leur colère, le fruit de leur
travaux à la caméra. Chacun raconte son
expérience, dénonce les abus, pose les
problèmes, mais tous proposent des solutions, à
condition que les différents organes de décision,
et notamment les pouvoirs publics, prennent leurs
responsabilités. Des témoignages
édifiants et bouleversants sur une
réalité qu'il est urgent de maîtriser.
La bande annonce
du
film la fait déjà
toucher du
doigt, regardez-là jusqu'au bout, elle fait
déjà sérieusement
réfléchir...
Combien de maladies, de tumeurs,
d'infirmités, de
tragédies humaines sont elles en train de
proliférer sans que l'on ne fasse rien, ou si peu ?
Le film commence à l'Unesco, lors d'un colloque
réunissant des sommités mondiales de la
médecine, signataires
de
l'Appel de Paris (qui remonte quand
même
au 7 mai 2004 !). Un seul mot
d'ordre : non pas se contenter de constater les ravages, mais trouver
tout de suite les moyens d'agir pour que, demain, nos enfants ne nous
accusent pas d'en avoir eu conscience mais de n'avoir rien fait...
La firme Monsanto,
célèbre pour la commercialisation de produits
phtyosanitaires et de variétés de semences OGM,
vient d'être condamnée pour publicité
mensongère à propos de son
herbicide Roundup.
En 2000, Monsanto lance une campagne de publicité pour la
promotion de l'herbicide Roundup dont la substance active est le glyphosate.
Sur les spots publicitaires diffusés ainsi que sur les
emballages de cet herbicide, apparaissent les mentions
"biodégradable", "laisse le sol propre" et "respect de
l'environnement", laissant penser que le Roundup est un produit
écologique et sans danger. Or après plusieurs
études, il a été
démontré que le glyphosate, substance active du
Roundup, n'est absolument pas biodégradable et au contraire
a des effets fortement nocifs sur la santé et
l'environnement. C'est pourquoi en 2001 une plainte est
déposée par les associations Eau et
Rivières de Bretagne et Consommation, Logement et Cadre de
vie pour publicité mensongère. En 2007, le
tribunal de Lyon rend son jugement en faveur des parties civiles, suite
à quoi Monsanto fait appel et vient finalement
d'être condamnée ce 29 Octobre par la
cour d'appel
de Lyon à verser une amende de 15000 euros. Il faut savoir
qu'aux Etats-Unis une telle campagne publicitaire avait
déjà été
condamnée par la justice en 1996... Le Roundup est
actuellement l'herbicide le plus employé par les jardiniers
amateurs et ces publicités mensongères l'ont
banalisé, déculpabilisant les jardiniers de son
utilisation. Espérons que ce jugement fera
réfléchir et conduira à des
comportements plus responsables par des méthodes
de jardinage écologiques.
D'ailleurs pourquoi
utiliser des produits chimiques lorsque l'on peut tout à
fait recourir à des produits naturels
? Si l'on a un petit jardin et du temps, la méthode la plus
écologique reste le désherbage
à la main, qui permet en plus davantage de
précision. Pour désherber sur de petites surfaces
ou entre des dalles, on peut aussi verser de l'eau
bouillante
sur les plantes à éliminer. Pour le
désherbage de plus grandes étendues, le recours
à des produits naturels et 100%
biodégradables tel que le purin d'ortie est
tout
à fait adapté. Le purin d'ortie
est une préparation fort utile au jardinier écolo
qui selon les dosages peut servir de désherbant, de
fertilisant ou encore d'insecticide. Cette préparation,
facile à fabriquer, doit être
réalisée par soi-même ; en effet la
commercialisation du purin d'ortie est interdite depuis la publication
d'un décret en 2006 dans le cadre de la loi d'orientation
agricole. Une autre méthode écologique et
biologique est la pratique du paillage
qui consiste
à couvrir son potager de tontes de pelouse, de feuilles
mortes, d'écorces... afin d'enrichir le sol en humus,
d'améliorer la rétention d'eau et
d'éviter d'avoir à désherber. L'automne
est d'ailleurs la bonne saison pour faire un paillage d'hiver qui
protégera le sol du jardin des variations de
température.
A voir :
La journaliste Marie-Monique Robin a mené une
enquête sur la multinationale Monsanto et a
réalisé un film documentaire très
révélateur et intéressant, sorti en
Mars 2008 : Le Monde selon Monsanto. Elle
a
publié en même temps un livre du même
nom retraçant son enquête.
Un accord a
été signé le 23 Octobre concernant le
remplacement des ampoules à incandescence
classiques par des ampoules basse consommation.
C'est dans le cadre de la loi Grenelle 1, adoptée cette
semaine par l'Assemblée Nationale, que le
ministère de l'Ecologie vient de signer une
convention avec les professionnels, fabricants et distributeurs de
solutions d'éclairage afin de
prévoir le retrait du marché des ampoules
à incandescence d'ici 2012. L'objectif de cette
mesure est de favoriser le développement des ampoules
à basse consommation, ce qui permettra de
réaliser d'importantes économies
d'énergie. Une telle mesure à
l'échelle européenne devrait d'ailleurs
bientôt voir le jour.
Les ampoules
à incandescence classiques
sont effet très énergivores,
95% de l'énergie consommée pour faire fonctionner
une ampoule de ce type est perdue et dégagée sous
forme de chaleur. Il en est de même pour les ampoules
à incandescence halogène qui en plus
d'avoir un rendement très faible, consomment
énormément d'énergie
car d'une puissance trop importante (300 à 500
Watts pour un luminaire de salon). Les ampoules à
basse consommation sont des solutions de remplacement de ces
éclairages énergivores. Pour les
pièces nécessitant un éclairage
important, on peut utiliser des ampoules fluorescentes
compactes qui sont d'un bien meilleur rendement.
Une ampoule
fluocompacte fournit autant de luminosité qu'une ampoule
à incandescence en consommant 5 fois moins
d'énergie (ainsi une ampoule fluocompacte de 20 Watt
équivaut à une ampoule à incandescence
de 100 watt). Plus chères à l'achat, les ampoules
fluocompactes se révèlent un investissement bien
plus rentables que les ampoules classiques sur le long terme, leur
durée de vie est en effet de 6 à 12 fois
supérieure.
Les
éclairages utilisant des diodes
électroluminescentes (LEDs) sont
également amenés à se
développer. Ces composants électroniques peuvent
transformer un courant électrique directement en
lumière avec un rendement aussi bon que les lampes
fluocompactes. De plus, leur durée de vie est bien
supérieure puisqu'elle peut aller de 50000 à
100000 heures. Pour le moment, les LEDs sont
surtout utilisées pour des sources lumineuses faibles comme
les lampes torches ou de petits éclairages, la technologie
ne permettant pas encore d'égaler la luminosité
dégagée par une ampoule fluocompacte.
Sachez qu'en France, l'éclairage représente en
moyenne 9% de la facture
d'électricité d'un ménage, le passage
à des lampes à basse consommation n'est donc pas
seulement un geste pour la planète,
c'est aussi un moyen de faire des économies
!